Ecole d'ingénieur et centre de recherche en télécommunications
Date: 
02-01-2012

Se peser dans l’espace est une tâche ardue en raison de l’absence de gravité : pourtant, c’est
un passage obligé pour les astronautes, notamment ceux en séjour prolongé sur l’ISS : en
raison d’un travail musculaire limité, ces derniers peuvent perdre jusqu’à 15% de leur masse
corporelle en seulement quelques semaines.
Actuellement, la NASA utilise un système conçu en 1965, qui se base sur un système de
ressorts qui mesure la fréquence des vibrations pour déterminer la masse de la personne ou
de l’objet pesé. Un système qui permet d’obtenir un chiffre relativement précis à quelques
pourcents près, mais qui s’avère particulièrement encombrant comme le montre cette vidéo.
Une situation qui pourrait changer avec le mods pour Kinect développé par Carmelo Velardo,
un doctorant de l’école d’ingénieurs Eurecom basée à Sophia Antipolis en Italie. Ce dernier
exploite le détecteur de mouvements pour créer un modèle 3D de la personne qui l’utilise : le
système compare ensuite les données obtenues, notamment la taille et les mensurations, à
une base de données statistiques compilant les informations de 28 000 personnes, pour en
tirer une estimation fiable à 97% – avec une marge d’erreur de 2,7 kg. Si cette dernière est
légèrement plus élevée que celle du modèle actuellement utilisé par la NASA, le système est,
quant à lui, bien moins encombrant et complexe à utiliser.
Selon John Charles, scientifique en chef des recherches humaines de la NASA, « cette
technique semble possible, mais non sans un certain effort » : la micro-gravité déplace l’eau
dans le corps des astronautes, et peut donc modifier leurs mensurations artificiellement, ce
qui peut biaiser les résultats. Le chercheur ajoute que la combinaison du système actuel – qui
mesure la masse – et du système Kinect – qui se focalise sur les mensurations – pourrait
néanmoins donner « un aperçu des changements dans la densité du corps, ce qui serait très
éclairant ».
Carmelo Velardo a bon espoir de pouvoir tester son programme lors d’un vol parabolique, de
ceux qui simule la micro-gravité. Le résultat de ses recherches sera présenté début 2012.

 

Extrait de http://tdechanterac.fr/